•ALAIN FABREAL•
Pour cette seconde exposition consacrée aux « Montagnes Magiques », •ALAIN FABREAL• poursuit et approfondit son exploration d’un paysage qui dépasse la simple représentation pour devenir un espace de méditation. La montagne n’y est plus seulement un motif : elle devient un lieu intérieur, un territoire mental où se rencontrent silence, mémoire et perception.
Dans ces nouvelles œuvres, l’artiste s’attache à révéler la présence presque invisible qui habite les reliefs. Les crêtes, les forêts et les rochers semblent émerger d’une matière picturale dense, comme si la montagne se formait lentement sous nos yeux. Le paysage apparaît alors dans un état de suspension, entre apparition et disparition, entre nuit et clarté.
Sont présentés également des dessins réalisés à la mine de plomb et au fusain compressé sur papier, où le geste direct et la précision du trait permettent de saisir l’essence des reliefs, la vibration des ombres et la structure intime des paysages. À côté de ces œuvres graphiques, les peintures à l’huile mêlées au charbon de bois déploient une matière plus ample, où les contrastes entre la profondeur du noir et l’éclat du blanc de la neige structurent l’espace.
Certaines toiles sont rehaussées de dorures à l’aluminium, dont les reflets viennent capter la lumière et introduire une dimension presque céleste dans la composition. Ces éclats métalliques soulignent et contrastent avec la sobriété du noir et du blanc, évoquant tantôt une lueur lointaine, tantôt la réverbération froide de la neige sous un ciel nocturne.
Le regard se perd ainsi dans ces espaces immenses où la lumière semble hésiter. Les surfaces lisses se confrontent aux textures rugueuses, et la matière devient le vecteur d’une expérience presque physique du paysage. Ce travail sur les contrastes et les épaisseurs donne naissance à des compositions où la peinture elle-même semble respirer.
Mais au-delà de la forme, c’est la notion de présence qui s’impose. Dans ces montagnes silencieuses, quelque chose agit : une force lente, presque invisible, qui transforme notre perception du temps et de l’espace. Face à ces paysages, le spectateur est invité à ralentir, à s’abandonner à la contemplation, comme s’il pénétrait dans un monde où les repères habituels s’effacent.
Ainsi, les « Montagnes Magiques » d’•ALAIN FABREAL• ne se contentent pas de représenter la nature ; elles en révèlent la dimension mystérieuse et intemporelle. Elles nous rappellent que la montagne, dans sa solitude et sa grandeur, demeure l’un des rares lieux où l’homme peut encore éprouver pleinement la sensation du sublime.
